Les Frères Flandrin

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"Hippolyte, Paul, Auguste, Les Flandrin artistes et frères", une exposition

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon rend hommage aux frères Flandrin, Auguste, Paul et Hippolyte, jusqu’au 5 septembre 2021. Le musée possède un fond d’environ deux cents œuvres des trois frères. L’exposition montre près de trois cents peintures, dessins et photographies dont la moitié proviennent de collections privées.

Trois Frères

Nés à Lyon au XIX siècle et de condition modeste, les Flandrin ont tous les trois la passion de la peinture qu’ils découvrent au Palais Saint Pierre. Ils étaient très soudés et ont collaboré leur vie entière. Ils excellaient dans les portraits mais chacun avait néanmoins un domaine de prédilection : le portrait pour Auguste, le décor monumental pour Hippolyte et le paysage pour Paul.

Tous trois firent leurs armes à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon.

Afin de faire vivre sa famille, Auguste, l’ainé, se lança notamment dans la lithographie et obtint un succès certain. Il sacrifia sa carrière de peintre afin que ses frères puissent suivre leur vocation et monter à Paris.

Auguste Flandrin, Autoportrait, 1833, Collection particulière (Image © Lyon MBA - Photo Martial Couderette)
Paul et Hippolyte Flandrin frères
Paul Flandrin, avec la participation d’Hippolyte Flandrin, Double Portrait de Paul et Hippolyte, 1842, Musée d'Arts de Nantes (Photo © Cécile Clos)

De l’atelier d’Ingres à Paris… jusqu’en Italie

Sans ressources, Paul et Hippolyte firent la route à pied en 1829. A Paris, se contentant d’un repas par jour, ils se privèrent de tout et travaillèrent sans relâche. Ils eurent la chance de pouvoir entrer dans l’atelier de Jean Auguste Dominique Ingres, l’un des artistes les plus en vue de l’époque et nouèrent avec lui des relations presque filiales qui perdurèrent toute leur vie. Paul et Hippolyte firent leurs les principes fondamentaux d’Ingres : le culte du vrai et la primauté du dessin. En parallèle, les frères Flandrin s’inscrivirent à l’École des Beaux-Arts de Paris qui est surtout un lieu de concours. Le plus important étant le prix de Rome qu’Hippolyte remporte en 1832 dans la catégorie de la peinture d’histoire. Il bénéficie alors d’un séjour de cinq ans à Rome à la villa Médicis pris en charge par une pension de l’État.

Conformément au règlement du Prix de Rome, Hippolyte fait parvenir chaque année à Paris un tableau d’une figure nue. Il peint une série de nus masculins dont le plus connu est le Jeune Homme nu assis au bord de la mer.

Hippolyte Flandrin nu
Hippolyte Flandrin, Jeune Homme nu assis sur un rocher, au bord de la mer, 1835-1836 Paris, musée du Louvre, département des Peintures (Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre), Daniel Arnaudet)

Après le départ d’Hippolyte à Rome, Auguste rejoint Paul à l’atelier d’Ingres en 1833.

En 1834, Paul rejoint Hippolyte et ils parcourent ensemble la Toscane et l’Ombrie. Puis Auguste se joint à eux en 1838 et ils vont jusqu’à Naples. Ils découvrent la nature italienne avec laquelle chacun développe un rapport exclusif. De nombreuses aquarelles délicates témoignent de leur séjour qui fut décisif pour tous les trois.

Le retour en France

Ils rentrent en France en 1838. Auguste revient à Lyon où il devient le portraitiste préféré de la bourgeoisie jusqu’à son décès prématuré en 1842 à l’âge de 38 ans. Paul et Hippolyte retournent à Paris où ils peignent le Tout-Paris. Ils reçurent également diverses commandes publiques. Paul assiste son frère qui se distingue particulièrement dans le domaine du grand décor. Ils sont sollicités pour des bâtiments publics (Hôtel de Ville, Conservatoire des Arts et Métiers à Paris) et surtout pour des églises qui, ayant perdu leurs tableaux à la Révolution, ont besoin d’être décorées. L’un des grands chantiers d’Hippolyte est l’église de Saint-Germain-des-Prés (qui vient d’être restaurée). Il décore le sanctuaire, le chœur et la nef. Il utilise la technique de la peinture à la cire.

L’exposition consacre une salle à la visite virtuelle de l’église dans laquelle le spectateur est immergé.

saint germain des prés flandrin
Hippolyte Flandrin, L'Entrée du Christ à Jérusalem, 1842-1846, Eglise de Saint-Germain-Des-Prés

Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1841. Hippolyte est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1853. Il devient professeur de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1857.

Il décède à Rome en 1864 à l’âge de cinquante-cinq ans.

Paul, quant à lui, est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1852. A la mort d’Hippolyte, il termine le décor de la nef de l’église de Saint-Germain-des-Prés. Il poursuit sa carrière et expose chaque année ses paysages et ses portraits. Il meurt en 1902 à l’âge de quatre-vingt-onze ans.

Paul Flandrin Paysage classique
Paul Flandrin, Paysage classique, 19e siècle, Collection Particulière

Jusqu’au XXème siècle, les Frères Flandrin dont la peinture était jugée trop académique tombent dans l’oubli. Puis dans les années 1980, la peinture classique et la peinture Lyonnaise sont à nouveau étudiées et les Flandrin sont reconsidérés. Les liens très forts presque gémellaires qui les unissent et leurs carrières partagées et très imbriquées leur confèrent une place à part.

Pour aller plus loin...

Pour vous régaler les yeux à l’exposition Hippolyte, Paul, Auguste, Les Flandrin artistes et frères, rendez-vous au Musée des Beaux-Arts de Lyon, du 19 mai au 5 septembre 2021 !

Et pour prolonger la lecture, consultez le Dossier de Presse de l’exposition (pdf) !

Ci-contre : Les Flandrin artistes et frères, Catalogue de l’Exposition 2021, Stéphane Paccoud et Elena Marchetti, Éd. In Fine _ Photo de Couverture : Hippolyte Flandrin, Portrait de jeune femme, dit La Florentine, vers 1840-1841

Pour vous régaler les yeux à l’exposition Les Flandrin artistes et frères, rendez-vous au Musée des Beaux-Arts de Lyon, du 19 mai au 5 septembre 2021 !

Et pour prolonger la lecture, consultez le Dossier de Presse de l’exposition (pdf) !

Ci-dessus : Les Flandrin artistes et frères, Catalogue de l’Exposition 2021, Stéphane Paccoud et Elena Marchetti, Éd. In Fine _ Photo de Couverture : Hippolyte Flandrin, Portrait de jeune femme, dit La Florentine, vers 1840-1841

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